Reconversion professionnelle : quel statut pour se lancer ?

Envie de faire évoluer une carrière, de changer de métier ou tout simplement de trouver un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle ? La reconversion professionnelle est désormais perçue comme une interrogation légitime et une étape naturelle dans un parcours professionnel. C’est souvent l’occasion de se lancer comme travailleur indépendant. Mais quel statut choisir ? La micro-entreprise et le portage salarial sont particulièrement prisés. On vous propose de faire le point sur les avantages et les inconvénients de ces deux formes d’emploi dans le contexte d’une reconversion professionnelle.

La micro-entreprise, un statut pour tester une nouvelle activité

Créé en 2008, le régime de l’auto-entrepreneur (rebaptisé micro-entrepreneur) a pour but de simplifier la gestion administrative de l’indépendant, en facilitant les formalités de création. En quelques clics, vous pouvez déclarer votre micro-entreprise sur le site de l’URSSAF. De plus, le paiement des cotisations, des taxes et impôts sont simplifiés et remplacés par le versement d’une cotisation unique, proportionnelle au chiffre d’affaires réalisé par l’auto-entrepreneur.

Devenir auto-entrepreneur ne nécessite pas la création d’une société avec toutes les formalités administratives, sociales et fiscales à accomplir. De plus la comptabilité est simplifiée : la seule obligation sera de tenir un livre de compte avec recettes et factures.

L’auto-entrepreneur est une entreprise individuelle qui bénéficie de cotisations sociales allégées, représentant environ 23% du chiffre d’affaires encaissé, pour les activités de prestations de services, contre 45% pour l’entreprise individuelle. Pour pouvoir en bénéficier, le travailleur indépendant ne doit pas dépasser un plafond annuel de chiffre d’affaires égal 72 600 € pour les activités de prestations de services. Ce régime permet également de bénéficier d’une franchise de TVA si le chiffre d’affaires annuel se situe sous 34 400 €.

L’auto-entrepreneur va s’acquitter de l’impôt sur le revenu après un abattement de 34% pour les activités de prestation de services, représentant les frais engagés et les dépenses de l’auto-entrepreneur. Il n’est donc pas possible avec ce régime de passer ses frais en charges.

Enfin, créer une micro-entreprise est simple mais votre responsabilité est illimitée. Cela signifie que vous engagez votre patrimoine personnel dans l’exercice de votre activité professionnelle. Pour pouvoir contourner ce problème, vous pouvez vous déclarer en tant qu’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL). Cette déclaration vous permet de dissocier votre patrimoine professionnel de votre patrimoine personnel et de mettre ainsi ce dernier à l’abri de vos créanciers.

La micro-entreprise est un statut idéal pour celles et ceux qui veulent tester leur activité, rapidement, sans frais de création ni de gestion. Cependant la protection sociale attachée à ce régime reste très limitée.

Le portage salarial, un statut simple et sécurisé pour faciliter sa reconversion professionnelle

Se reconvertir en devenant indépendant est une transition vers une forme d’emploi flexible mais aussi précaire. Le portage salarial est un dispositif qui tente de résoudre cette problématique en créant les conditions d’une reconversion professionnelle en douceur puisqu’il permet au professionnel de continuer à bénéficier du statut de salarié.

Sa mise en œuvre est aussi simple que la création d’une micro-entreprise. La société de portage salarial signe un contrat de services avec le client du professionnel indépendant selon les termes préalablement négociés entre eux. Elle signe ensuite avec l’indépendant un contrat de travail en portage salarial. Le démarrage prend généralement moins de 48h.

Ainsi, le portage salarial permet de se reconvertir sans créer de micro-entreprise ou de société. La société de portage salarial prend à sa charge la facturation des honoraires et transforme mensuellement le chiffre d’affaires généré en salaire après déduction de ses frais de gestion.

Le professionnel porté bénéficie de bulletins de salaire et cotise au régime général de la sécurité sociale, à l’assurance chômage et au régime de retraite des salariés. Comme tout salarié, il est couvert par une mutuelle d’entreprise, une prévoyance et une assurance en responsabilité civile et professionnelle.

Le portage salarial est un statut idéal pour celles et ceux qui souhaitent se reconvertir en toute sécurité. Toutefois, la protection sociale offerte par ce mode d’emploi a un coût. Une société de portage doit reverser à l’Urssaf un montant de cotisations sociales qui représente entre 40% et 44% du chiffre d’affaires hors-taxe du porté. A cela s’ajoute les frais de gestion de la société de portage qui se situent généralement entre 5% et 10% du chiffre d’affaires.

Enfin, encadré par la loi et par une convention collective depuis 2017, le portage salarial n’est possible que si le montant facturé est suffisant pour couvrir le versement d’un salaire minimum conventionnel. Celui-ci a été fixé à 70% du plafond de la sécurité sociale, ce qui signifie que vous devrez facturer au minimum 30 euros hors-taxe de l’heure.